Focus art

Ernest Normand

🎨 Célébrons aujourd’hui la naissance d’un peintre de l’ère victorienne, figure représentative d’une génération d’artistes partagée entre tradition académique et ouverture aux influences continentales.

Ernest Normand (1857-1923) se forme à la Royal Academy, où il rencontre celle qui devient son épouse, l’artiste Henrietta Rae. En 1885, le couple s’installe dans le quartier londonien de Holland Park, alors l’un des centres les plus actifs de la scène artistique britannique. Ils y côtoient des figures majeures telles que Frederic Leighton, John Everett Millais ou George Frederic Watts, dont l’influence marque profondément leur production.

🖌️ Les œuvres de cette période se caractérisent par des compositions rigoureusement construites, un dessin précis et une surface picturale lisse. The White Slave (1) illustre clairement cet héritage. Le nu féminin y est intégré à une scène narrative complexe, chargée de références morales et historiques, dans une composition qui rappelle celles de Leighton, tant par la mise en scène que par la volonté de rendre le sujet immédiatement lisible.

À la fin des années 1880, Normand et Rae ressentent cependant les limites de ce cadre institutionnel. Désireux de perfectionner leur technique et d’élargir leur approche, ils partent à Paris étudier à l’Académie Julian, où ils suivent l’enseignement de Benjamin-Constant et de Jules Lefebvre. Ils découvrent un cadre plus ouvert, fondé sur l’observation directe du modèle et une attention accrue aux effets de lumière et de couleur. Leur séjour en France se prolonge par plusieurs semaines de peinture en plein air à Grez-sur-Loing, près de Barbizon.

🌿 Cette expérience infléchit sensiblement leur manière. À leur retour à Londres, l’évolution de leur style, plus libre et plus atmosphérique, est accueillie avec réserve par Leighton, qui la juge trop proche de l’impressionnisme. Face à ce décalage croissant avec le milieu de Holland Park, Normand et Rae choisissent dès 1892 de s’installer à Norwood, dans le sud-est de Londres.

Jeune femme à l’éventail (3) témoigne de cette seconde période. Le sujet y est volontairement simple — une figure féminine assise dans un jardin — , la touche plus visible, la palette plus nuancée. L’osmose entre le modèle et son environnement traduit la primauté de l’atmosphère sur la narration. 🪭
.
.
À bientôt sur Sfumato ! 💫

🖼️ Tableaux d’Ernest Normand (1857-1923) :
1. The White Slave (1894) *
2. Pygmalion et Galatée (1886). Galerie d’Art Atkinson, Southport (UK).
3. Jeune Femme à l’éventail (1900) *
* Collection privée