Arbres tourmentés
🍃 Dans ce paysage signé Maurice de Vlaminck, la nature semble prise par le tumulte des éléments.
Les troncs, noueux et inclinés, se dressent au premier plan tels de fragiles silhouettes agitées par le vent, tandis que le sol et les branchages se dissolvent en larges touches de matière. La peinture, posée avec vigueur, forme par endroits une épaisseur presque palpable, accentuant la rugosité des écorces et la densité du sous-bois. Les verts profonds, les bruns terreux et les éclats de jaune vibrent sous un ciel lourd comme empesé de tourments. L’espace, volontairement instable, renonce à la précision naturaliste pour privilégier l’intensité expressive et la suggestion d’une atmosphère sombre et vibrante.
🖌️ Maurice de Vlaminck est l’une des figures majeures du fauvisme, aux côtés d’André Derain et d’Henri Matisse. De nature véhémente, il refuse avec obstination toute formation académique afin de préserver l’intensité brute de son inspiration. Ce choix est révélateur de son attachement à une peinture instinctive et personnelle. Autodidacte en peinture donc, mais également violoniste et écrivain, il découvre l’œuvre de Van Gogh au début du XXᵉ siècle, révélation qui marque durablement son usage de la couleur et de la touche.
Après sa période fauve, caractérisée par une lumière éclatante et des tons ardents, son art évolue vers des paysages plus sombres, où la pâte s’épaissit et la vision de la nature se charge d’une gravité quasi dramatique. Une rupture artistique qui coïncide avec sa rencontre avec les toiles de Paul Cézanne, à partir de 1907. Dès lors, ses paysages s’obscurcissent de ciels tourmentés, souvent orageux, la nature se fait théâtrale et menaçante, comme saisie dans une tension permanente.
🎨 Tout au long de sa carrière, Vlaminck demeura attaché à un art instinctif et puissant, cherchant moins à reproduire le monde visible qu’à en transmettre la force intérieure et la résonance émotionnelle.
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Enchère à suivre ! 💫
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🗓️ Dimanche 15 février, 09h30 : Vente Mercier & Cie (Lille) @mercier.art
🔎 Lot 442 : Maurice de VLAMINCK (1876-1958), Paysage aux arbres (c. 1950). Huile sur toile signée de 60 x 73 cm. [ Estim. 15 000 – 20 000 € ]ps (1859). Huile sur panneau signée de 31 x 49,5 cm. [ Estim. 1 000 – 1 500 € ]
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