Chat et souris
🧐 Qui peut bien se cacher derrière ce joli vase ?
Un matou pardi, et pas des plus discrets ! Babines gonflées et pupilles dilatées, ce petit gourmand en embuscade épie avec convoitise un repaire de souris dont il ferait bien son quatre heures. C’est l’histoire savoureuse que nous raconte cette création exceptionnelle des ateliers Christofle.
🐀 Le vase servant de théâtre à cette scène adopte une élégante silhouette balustre, prolongée de deux anses torsadées rehaussées d’or. Le col et la base imitent à la perfection les entrelacs de la vannerie, tandis qu’un fond cuivré rougeoyant accueille de fins épis de blé dorés. Au cœur de cette composition champêtre, cinq adorables souris vaquent à leurs occupations, sans se soucier le moins du monde du prédateur tapi tout près.
Car c’est bien là tout le sel de l’œuvre : le chat, modelé avec un naturalisme saisissant, jusque dans le moindre poil de sa fourrure, contourne le vase de tout son corps, la queue enroulée jusqu’à l’anse, guettant ses proies avec une gourmandise non dissimulée. Au pied de l’ensemble, une sixième souris tente de grimper à même la vannerie pour rejoindre ses semblables, ignorant elle aussi la menace qui plane sur elles. Le tout repose sur un socle aux accents japonisants, patiné d’or et de noir, qui ancre cette fable animalière dans le raffinement le plus précieux.
🐈⬛ Cette pièce témoigne du savoir-faire singulier de la maison Christofle, pionnière dès le milieu du XIXe siècle dans l’usage de la galvanoplastie et de la reproduction en série de bronzes ornés d’or et d’argent. Sous l’impulsion d’Émile Reiber, architecte de formation devenu chef du dessin pour la maison, l’entreprise puisa dans des répertoires stylistiques variés, mais c’est sa découverte de l’art japonais, à partir de 1869, qui bouleversa durablement son inspiration.
Les grandes Expositions universelles de la seconde moitié du siècle furent autant d’occasions de mettre en valeur cet orientalisme nouveau, mêlé aux prouesses techniques de la maison, faisant de Christofle l’un des fers de lance du renouveau de l’orfèvrerie française.
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Enchère à suivre ! 💫
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🗓️ Mercredi 24 juin 2026, 14h00 : Vente Tessier & Sarrou et Associés, Paris. @tessier.sarrou
🔍 Lot 4 : CHRISTOFLE Orfèvres & Émile REIBER (1826-1893), “Chat et souris” (1880). Vase sculpture en alliage de cuivre galvanique orné d’argent ou d’or. La pièce repose sur un socle japonisant patiné or et noir. Signé : “Christofle Orfèvres” sur la base du vase et numéroté “1080796” sous le pied du socle. Dim : 46 x 36 x 28 cm. [ Estim. 60 000 – 80 000 € ]
crédit photo © maison de vente


