Alexandre Séon
🎨 Le 18 janvier marque la naissance d’Alexandre Séon (1855-1917), figure discrète mais singulière du symbolisme français.
Né à Chazelles-sur-Lyon (Loire), il appartient à une génération d’artistes qui, à la fin du XIXᵉ siècle, aspire à une peinture à la fois morale et spirituelle. Formé à l’École des Beaux-Arts de Lyon, puis à celle de Paris, il acquiert une solide discipline académique avant de s’éloigner du naturalisme dominant. Cette inflexion doit beaucoup à sa rencontre avec le symboliste lyonnais Pierre Puvis de Chavannes, dont il devient un proche collaborateur, et, en un sens, son successeur naturel. Dès lors, Séon adopte une conception synthétique de l’image, fondée sur la clarté des formes, la maîtrise du rythme et une gravité volontairement contenue.
✨ Dans les années 1890, il trouve un terrain d’expression privilégié au sein du symbolisme. Sa participation aux Salons de la Rose-Croix, organisés par l’écrivain et critique d’art Joséphin Péladan, confirme son affinité avec un art de l’allégorie et de la suggestion. Toutefois, Séon se distingue par sa retenue. Là où d’autres cultivent un ésotérisme spectaculaire, il privilégie des compositions mesurées, nimbées de mystère. Des œuvres comme la Lamentation d’Orphée ou La Pensée montrent des figures hiératiques, voire immobiles, qui font du mythe ou de la mort des états contemplatifs plutôt que des récits dramatiques.
Parallèlement, Séon s’investit dans des projets décoratifs, notamment la décoration de la salle des mariages de la mairie de Courbevoie, une œuvre symbolique monumentale qui lui vaut une médaille à l’Exposition universelle de 1889. Aux côtés de Puvis de Chavannes, il participe à la mise en œuvre de grands décors publics (Panthéon à Paris, grand amphithéâtre de la Sorbonne, escalier du musée des Beaux-Arts de Lyon). Ces commandes renforcent son goût pour la simplification et l’ordonnancement, et confirment son intérêt pour une peinture conçue comme un ensemble cohérent, inscrit dans l’espace public. La figure féminine, récurrente dans son œuvre, n’y est jamais anecdotique : elle incarne une idée, une valeur ou une tension intérieure.
🖌️ Dans ses dernières années, sans rupture formelle, son art s’assombrit légèrement. Les tonalités se font plus graves, les corps plus rigides, traduisant peut-être une inquiétude diffuse liée à son époque. Séon demeure toutefois fidèle à une esthétique de la mesure. Ni novateur radical ni peintre académique figé, il occupe une place à part entière dans le symbolisme français.
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À bientôt sur Sfumato ! 💫
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🖼️ Liste des œuvres :
1. La Pensée. Coll. privée.
2. Lamentation d’Orphée (vers 1896). Musée d’Orsay (Paris).
3. Portrait du Sâr Peladan (1892). Musée des Beaux-Arts de Lyon.
4. Le Récit (vers 1898). Musée des Beaux-Arts de Brest.
5. La Pensée (1900). Musée des Beaux-Arts de Brest.
6. La Fille de la mer (île de Bréhat). Coll. privée.
7. La Sirène (4ᵉ quart du XIXᵉ s). Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne.
8. Le Retour au foyer (vers 1912). Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne.
Et parce que le hasard fait bien les choses, voici deux études qui seront proposées aux enchères le 10 février 2026 chez Artcurial dans le cadre de la vente “Vision Symboliste : Une Collection Parisienne” :
9. Lot 102 : Étude de jeune femme nue. Fusain et estompe. Dim. 126,5 x 77,5 cm. [ Estim. 3 000 – 4 000 € ]
10. Lot 104 : Extase dans la Prière. Sanguine et craie blanche sur papier bleu. Titrée et dédicacée. Dim. 34,5 x 23 cm. [ Estim. 4 000 – 6 000 € ]
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