Enchères

Clémence Isaure à la lyre

🎨 Sous le pinceau du peintre toulousain Henri Martin

Cette noble dame du XVe siècle serait la bienfaitrice des Jeux floraux, un concours de poésie fondé à Toulouse en 1323 par sept troubadours soucieux de préserver le lyrisme courtois. Selon la légende, elle leur aurait légué l’intégralité de sa fortune afin que perdurent les joutes poétiques. Pourtant, aucun acte de l’époque n’atteste l’existence de la dame, tandis que son fameux testament gravé dans le bronze est tenu pour apocryphe.

📚 Ainsi, certains historiens y voient-ils une figure allégorique, inventée à la Renaissance dans le but de conférer une origine prestigieuse au concours. Placés dès le XVIe siècle sous son patronage, les Jeux floraux, aujourd’hui Académie, rendent un éloge solennel à Clémence Isaure chaque 3 mai, dans la salle des Illustres du Capitole. Qu’elle ait existé ou non, elle appartient désormais à la mémoire de Toulouse : son nom désigne plusieurs édifices et monuments, alors que sa légende n’a cessé d’inspirer artistes et poètes toulousains.

Dans cette huile sur toile, la jeune femme apparaît frontale et impassible, telle une figure du primitif italien. Il émane de son visage une aura de sainte que renforce sa coiffe blanche de type médiéval, couronnée de feuilles de laurier dorées. En l’honneur de la patronne des Jeux floraux, l’emblème de la gloire poétique se voit doublement cité : autour d’elle, des lauriers-roses s’élancent en gerbes graciles, piquetées de fleurs vermillon, et referment la scène à la manière d’un rideau.

✨ Enveloppée d’un ample manteau vert, la dame serre contre son cœur un autre emblème des arts, la lyre. Elle se détache sur un champ d’or frémissant, clos dans le lointain par une ligne d’horizon bleutée. Sous la touche divisionniste du peintre, le paysage et la figure semblent tissés dans une même trame, à la manière d’une tapisserie.

Figure marquante du post-impressionnisme, le peintre toulousain Henri Martin reçoit sa première formation à l’École des Beaux-Arts de sa ville natale, avant de gagner Paris, où il étudie auprès de Jean-Paul Laurens. En 1885, son voyage en Italie, aux côtés d’Edmond Aman-Jean et d’Ernest Laurent, lui donne l’occasion de découvrir les primitifs italiens. Son art s’éloigne dès lors de l’académisme, au profit d’une facture plus libre et d’un univers plus poétique. Sa touche se fragmente peu à peu en une mosaïque de couleurs, le divisionnisme gagnant ses paysages comme ses grandes compositions décoratives. À trente-trois ans, il reçoit commande de deux panneaux et d’un plafond pour la salle des Illustres du Capitole, dont la présente toile partage l’esprit.

🖼️ Son œuvre transcende les courants artistiques de son temps : pointillisme de la touche, impressionnisme dans le traitement de la lumière et des ombres, mais aussi symbolisme conférant une vision mystique et onirique à ses tableaux. Tout au long de sa carrière, le peintre des muses et des atmosphères sereines témoigne son amour pour la campagne. En s’éloignant du tumulte urbain, Martin trouve dans la solitude des champs et des jardins l’essence même de son art. Chaque peinture révèle une symphonie de couleurs et une harmonie visuelle qui rappellent les plus belles heures de l’impressionnisme.
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Enchère à suivre ! 💫

📅 Samedi 24 octobre 2026, 16h00 : Vente de la maison Artcurial (Paris) @artcurial__

🔍 Lot 45 : Henri MARTIN (1860-1943), Clémence Isaure à la lyre (1895). Huile sur toile signée de 67 x 54,5 cm. [ Estim. 60 000 – 80 000 € ]

crédit photo © maison de vente