Joaquin Sorolla
🤍 Les cinquante nuances de blanc de Joaquin Sorolla.
À l’occasion de l’anniversaire du peintre luministe, je souhaitais mettre en lumière ses blancs qui, loin d’être uniformes, captent avec brio l’éclat du soleil et le frémissement des étoffes. Et c’est en particulier sur les rives éclatantes de la Méditerranée que ses explorations atteignent leur apogée.
🖌️ Né à Valence le 27 février 1863, le jeune orphelin est élevé par son oncle qui encourage ses prédispositions pour le dessin. Formé à l’Académie des Beaux-Arts de Valence, il obtient en 1885 une bourse qui lui permet de séjourner à Rome, puis à Paris. Au contact de la peinture naturaliste et des recherches impressionnistes, son horizon s’élargit : sans renoncer à une solide construction académique, il adopte une touche plus libre et une attention nouvelle aux effets de lumière. Parmi les peintres qui nourrissent alors sa réflexion figurent John Singer Sargent, Giovanni Boldini et Anders Leonard Zorn.
Les premières années de sa carrière sont marquées par des œuvres de tonalité sociale et historique, qui lui valent une reconnaissance internationale. Toutefois, un tournant décisif s’opère à la fin des années 1890 : l’artiste espagnol revient vers les rivages de Valence et fait de la mer, des plages et des scènes de plein air son motif privilégié. Dès lors, sa peinture s’ouvre à une célébration du quotidien méditerranéen, attentive aux jeux changeants du soleil sur l’eau, la peau et les tissus. En 1894, il effectue un nouveau voyage à Paris, où il approfondit une écriture picturale fondée sur l’intensité lumineuse. Ce que l’on appelle « luminisme » devient dès lors un style caractéristique de son œuvre.
⚪ La couleur blanche occupe une place centrale dans cette évolution. Plus qu’une simple valeur, elle devient chez lui un instrument de modulation lumineuse. Robes d’enfants, voiles gonflées par le vent, chemises éclatantes sous le ciel d’été : le blanc capte et décompose la lumière, révélant les nuances de bleu, de rose ou de jaune qui l’animent.
Son succès culmine avec son exposition à New York en 1909, qui assoit sa renommée internationale. En 1911, il entreprend pour la Hispanic Society of America un vaste cycle décoratif consacré aux régions d’Espagne, vaste synthèse de son art et de son regard sur son pays. Victime d’une attaque en 1920, il cesse progressivement de peindre et meurt en 1923 à Cercedilla.
Peintre de la lumière méditerranéenne, à la croisée du naturalisme et d’un impressionnisme personnel, Sorolla laisse une œuvre où la clarté du blanc devient la matière même de sa modernité picturale.
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