Enchères

L’éveil de la nature

🌸 Cette étude du peintre et graveur Paul-Élie Ranson condense en quelques traits l’élan décoratif qui traverse les arts à la fin du XIXᵉ siècle.

Sous une voûte fleurie, une allégorie du printemps soutient de ses bras robustes une branche qui semble fléchir. Comme pour lui insuffler sa force vitale, elle la tient vigoureusement de ses mains, la tord même, afin qu’elle ne touche terre. Visage de profil et corps de trois-quarts, la personnification est vêtue d’une large robe ceinturée dont les plis épais dessinent une masse arrondie, cernée de fusain. Sur le papier ocre, quelques fleurs rehaussées de gouache blanche se détachent du paysage, un décor ondoyant, voire organique, propre à l’esthétique Art nouveau. Au sol enfin, de larges feuilles, légèrement teintées de vert, suggèrent, sans les détailler, les contours du terrain.

🖌️ Né à Limoges, Ranson étudie à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris, avant d’entrer à l’Académie Julian. Dans les années 1890, il rejoint le groupe des Nabis, aux côtés de Maurice Denis, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard et Ker-Xavier Roussel. Nourri de japonisme, dont il retient les lignes sinueuses, les aplats et les espaces sans profondeur, il se tourne vers les arts décoratifs et cherche à abolir la frontière entre beaux-arts et arts appliqués. Ainsi, au sein de son œuvre, portraits, scènes d’intérieur et natures mortes côtoient vitraux, papiers peints, gravures ou encore tapisseries, sans hiérarchie de thématique ou de support.

Ce dessin en est l’un des jalons : il servit de trame à la tapisserie « Femmes sous les arbres en fleur ou Le Printemps » [2], une admirable transposition à l’aiguille réalisée par son épouse France. L’immense ouvrage fut exposé en 1897 au Salon du Champ de Mars à Paris, puis, en 1898, à la cinquième exposition de la Libre Esthétique à Bruxelles. Complices dans la création, Paul-Élie concevant les compositions et France les traduisant en points de broderie d’une grande finesse, les époux Ranson firent ainsi de leurs œuvres communes un trait d’union entre beaux-arts et arts décoratifs.
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Enchère à suivre ! 💫
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🗓️ Samedi 24 octobre 2026, 16h00 : Vente “Collection Louis Grandchamp des Raux : La Modernité en partage”, Artcurial (Paris) @artcurial__
1. 🔍 Lot 13 : Paul-Élie RANSON (1861-1909), Femme accroupie, étude pour Femmes sous les arbres en fleur ou Le Printemps (1895). Fusain, aquarelle et gouache sur papier marouflé sur toile. Cachet des initiales. Dim. 76,2 x 61 cm. [ Estim. 40 000 – 60 000 € ]
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2. 🖼️ Paul-Élie RANSON (1861-1909) & France RANSON (1866-1952), Femmes sous les arbres en fleur ou Le Printemps (1895). Tapisserie à l’aiguille en laine sur toile à canevas. H. 167 ; L. 132 cm. Musée d’Orsay, Paris. @museeorsay

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