Lys : Fleur et Symbole
⚜️ Une thématique fascinante que j’ai récemment découverte dans la belle cité de Prague. Elle se tient depuis le 17 mars dans le Palais Schwarzenberg, remarquable édifice du XVIe siècle aux façades couvertes de sgraffites. C’est dans ce cadre prestigieux que la Galerie Nationale de Prague a choisi de consacrer une exposition à l’un des motifs les plus riches et les plus durables de l’histoire de l’art : le lys, à la fois symbole sacré et motif ornemental.
Depuis l’Antiquité, cette fleur emblématique est associée à la fécondité, aux forces vitales, mais aussi à l’idée d’éternité. Au Moyen Âge, cette richesse symbolique se double d’une dimension politique. Emblème de la monarchie française dès le XIIᵉ siècle et largement diffusé dans l’héraldique européenne, il devient un signe de pouvoir et de légitimité autant qu’un motif religieux.
🎨 Sans rompre avec cet héritage, le Moyen Âge en renouvelle la lecture. Dans l’iconographie chrétienne, le lys devient progressivement un attribut de la Vierge. Il apparaît notamment dans les scènes de l’Annonciation, où, entre les mains de l’Archange Gabriel, il incarne la pureté de la mère du Christ et la grâce divine qui lui est annoncée. De même, la fleur participe à la dimension spirituelle des jardins clos, les « hortus conclusus », thème iconographique issu du Cantique des cantiques qui symbolise la virginité mariale.
L’exposition révèle combien le lys, loin d’être un symbole immuable, s’est transformé au fil des siècles. À partir du XIXᵉ siècle, le lys se détache peu à peu de sa seule dimension religieuse. Chez les Préraphaélites, la fleur se voit associée à la mélancolie, à un désir contenu, ou parfois à une inquiétante étrangeté. Avec l’Art nouveau, elle s’épanouit en lignes souples et sinueuses, végétal et corps féminin se confondant en une même dynamique organique.
✨ À travers un ensemble de gravures, de dessins et de peintures, datant du XVe au XIXᵉ siècle, l’exposition “Lys : Fleur et Symbole” retrace moins l’histoire d’un motif que l’évolution des regards sur une fleur immaculée, évocatrice de pureté et d’éternité.
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À bientôt sur Sfumato ! 💫
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🏰 Exposition “The Lily : Flower and Symbol” – Du 17 mars – 28 juin 2026
Palais Schwarzenberg, Galerie Nationale de Prague @#ngprague
🖼️ Liste des œuvres :
1. Hermína LAUKOTOVA (1853-1931), Lily by a Garden Bench (c. 1900). Tempera.
2. Alfons MUCHA (1860-1939), Lily – Panneau décoratif pour la série “The Four Flowers” (1898). Fusain et pastel noir.
3. Johann Melchior FÜSSLI (1677- 1736), The Rose of Sharon and Lily of the Valleys – Illustration pour la KUPFER-BIBEL (1731). Gravure et eau-forte.
4. Walter CRANE (1845-1915), A Dream – Voyage de Rêve (1902). Pastel.
5. Maarten De VOS (1532-1603), The Bride of Christ – Pour le recueil de poèmes Le Cantique des cantiques (1590). Gravure.
6. Karel LIEBSCHER (1851-1906), White Lily (1890-90). Plume et encre et aquarelles sur papier gris.
7. Jan ZRZAVY (1890-1977), Lily – Illustration pour un poème issu du Kytice (Un Bouquet) by Karel Taromir Erben (1927). Fusain.
8. École de Pieter De WITTE, known as Peter CANDID (c.1548-1628), The Annunciation (début du XVIIe siècle). Huile sur bois.
9. Hendrick GOLTZIUS (1558-1617), The Annonciation (1594). Gravure.


