Paysage de tempête
🌩️ Peinte en 1910, cette huile sur panneau de Ferdinand Keller porte, dans ses arbres dressés contre l’orage, la signature d’un symbolisme tardif.
Les deux immenses cyprès semblent livrer un combat contre les éléments. Sans ployer complètement sous la force du vent, ils dominent la composition, leur sombre ramure affrontant de plein fouet les nuages enténébrés qui les menacent. Seule une échappée dans ce ciel tourmenté ponctue de nuées blanches et bleutées la palette d’ocre brun qui domine l’ensemble du tableau.
🌲 À droite, les vestiges d’une tour médiévale, silhouette de pierre rongée par les siècles, font écho à l’inquiétude du ciel, tandis qu’au premier plan, près d’une mare ombragée, une grue s’abreuve. Cette figure discrète peut être rapprochée des grues d’Ibykus chères à la ballade de Friedrich Schiller, sans que l’artiste en ait livré la clé. L’ensemble, empreint d’un lyrisme contenu, doit beaucoup à l’exemple d’Arnold Böcklin, dont l’esprit mystique innerve toute cette période de l’œuvre de Keller.
Formé à l’École des beaux-arts de Karlsruhe auprès de Johann Wilhelm Schirmer, puis dans l’atelier de Hans Canon, Keller complète sa formation par un séjour romain (1867-1869) où sa rencontre avec Anselm Feuerbach marque durablement sa manière. Portraitiste et peintre d’histoire reconnu, il enseigne dès 1870 à l’Académie de Karlsruhe, qu’il dirige de 1880 à 1913.
🖌️ C’est vers 1900-1910 qu’il se tourne vers ces paysages hantés, référence assumée à Böcklin, dont ce tableau — probablement exposé au Glaspalast de Munich en 1910 sous le titre « Ibykus, paysage » — constitue un jalon significatif.
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Enchère à suivre ! 💫
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🗓️ Samedi 5 septembre 2026, 10h00 : Vente de la maison Schloss Ahlden (Ahlden, Allemagne) @schloss_ahlden
🔍 Lot 1650 : Ferdinand KELLER (1842-1922), Paysage de tempête avec cyprès (1910). Huile sur panneau signée de 94 x 79 cm. [ Estim. 24 000 – 48 000 € ]
crédit photo © maison de vente


