The Virgin
🌸 Une allégorie de la féminité signée Gustav Klimt
Dans un enchevêtrement de corps voluptueux, une jeune femme brune au teint de porcelaine s’adonne à un profond sommeil. Comme offerte à une douce rêverie, elle affiche un visage apaisé tandis que sa pose, celle d’un félin dévoilant son ventre, témoigne de cet abandon total. Elle est enveloppée d’une robe bleue, ponctuée de spirales violettes et bleues qui ajoutent une note graphique et tourbillonnante. Autour d’elle, six autres figures s’enroulent, membres et chevelures mêlés, dans une masse ornementale si dense que l’on peine à distinguer où finit un corps et où commence l’autre.
✨ Cette immense huile sur toile, aujourd’hui conservée à la Galerie nationale de Prague, compte parmi les dernières compositions achevées par Klimt avant sa mort. Vers 1911, l’artiste autrichien s’éloigne progressivement du hiératisme et des fonds d’or caractéristiques de sa période dorée. Il opte ainsi pour un langage plus libre, où la couleur acquiert une autonomie expressive et où les formes se dissolvent dans un réseau de courbes et de motifs. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de redécouverte du Greco, dont les figures élancées et l’anti-naturalisme fascinent alors les avant-gardes européennes. Elle témoigne également d’un dialogue avec le postimpressionnisme de Van Gogh, ainsi qu’avec le japonisme, perceptible dans l’aplatissement de l’espace et le goût pour les motifs répétitifs.
Dans The Virgin, chacune des figures enlacées incarnerait un âge de la vie, l’abondance des fleurs disant le passage de l’enfance à la femme ; les volutes de la robe centrale, fécondité et cycle perpétuel. D’autres ont vu dans cette scène non pas sept figures distinctes, mais les postures successives d’une seule, le peintre ayant fixé, en un unique instant, le déroulé d’une vie.
🌹 « Tout l’art est érotique », disait Klimt. La formule plane sur cet entrelacs de chair et de fleurs. Pourtant, toujours selon Klimt, une dormeuse n’étant pas responsable de ses désirs et de ceux qu’elle suscite, la figure centrale serait une vierge innocente, prisonnière d’un songe sans cauchemars. Entre cette innocence supposée et l’érotisme revendiqué par le peintre lui-même, la toile ne tranche pas — et c’est sans doute là, dans cette ambiguïté laissée en suspens, que réside le vrai message du peintre.
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À bientôt sur Sfumato ! 💫
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🖼️ Gustav KLIMT (1862-1918), La Vierge, ou Les Vierges (1913). Huile sur toile de 190 x 200 cm. Galerie nationale de Prague @ngprague


